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Ville Fes Maroc Fès fez fes Fès (Fâs; du Berbère Afasi, signifiant "La Droite") est la deuxième plus grande ville du Maroc avec une population de 1 040 563 . C'est l'une des quatre « villes impériales » (avec Marrakech, Meknès et Rabat) et aussi la première ville impériale des quatre. La médina, la plus vielle et grande du monde, un exemple modèle d'une ville orientale, est placée sous la protection de l'UNESCO ; elle est inchangée depuis le XIIe siècle. Le bleu profond de ses céramiques est un des symboles caractéristiques de Fès. Son rayonnement international passé en fait l'une des capitales de la civilisation arabo-musulmane aux côtés de Damas, Bagdad, Cordoue, Grenade... Selon une légende, le nom de la ville viendrait de la découverte d'une pioche (pioche) à l'emplacement des premières fondations. Fès ne se livre pas facilement. Pour y accéder, il faut rentrer par la grande porte, à la fois visible et voilée, du sacré. Car Fès est un sanctuaire. C'est ainsi d'ailleurs que les soufis, ces initiés de l'islam, l'ont toujours appelée : la Zaouïa. Le voyageur qui venait de loin savait qu'en arrivant aux portes de la ville, c'est à son fondateur et à son saint patron lui-même qu'il demandait l'hospitalité. Pour lui, Fès est la ville de Moulay Idriss. Beaucoup de fassis connaissent encore par cœur ce que les chroniqueurs rapportent comme étant les paroles, lors de la prière inaugurale, du saint : « Ô Dieu, Tu sais que je n'ai pas construit cette ville par vanité, par désir de renommée ou par orgueil. Mais je voudrais que tu y sois adoré, que Ton Livre y soit Lu et Ta Loi appliquée tant que durera le monde. Ô Dieu, guide vers le bien ceux qui y habitent et aide les à l'accomplir, voile à leurs yeux l'épée de l'anarchie et de la dissidence… » Fès, qui fut pendant plusieurs siècles une capitale politique et intellectuelle du Maroc, était devenue un centre de rencontres et d'échanges. On rapporte que Sylvestre II (Gerbert d'Aurillac), Pape de 999 à 1003, y séjourna dans sa jeunesse pour y faire des études à la suite desquelles il introduisit les chiffres arabes en Europe. Maïmonide, médecin et philosophe juif, y vécut également quelques années durant lesquelles il enseigna à la Quaraouiyine. L'œuvre de ce philosophe est une merveilleuse illustration de cette symbiose de la culture judéo-islamique qui avait prévalu en Andalousie, et trouvé un écho similaire à Fès. Étymologie Version 1 La croyance populaire veut que le nom de la ville de Fès ait trouvé son origine dans la découverte d'une pioche sur le chantier de construction. Une autre version affirme que, lors de l'inauguration de la ville, on offrit à Idrîs Ier son fondateur, une pioche en or. Ce dernier aurait alors donné le nom de Fa'as (Pioche en arabe) à la nouvelle cité. Version 2 La ville de Fès est une des premières villes construites par les musulmans au Maroc. Avant l'arrivée de l'islam, les populations berbères ne connaissaient pas de préférence pour la gauche ou la droite. Les gens pouvaient manger avec la main gauche ou la main droite sans problème. Ceux qui avaient embrassé l'islam ne mangeaient qu'avec la main droite et n'employaient que cette main droite pour saluer, etc. Il y a de la baraka dans tout ce que nous accomplissons avec la main droite. Étant donné que la ville de Fès a été construite par ceux qui appliquaient les règles de l'islam; particulièrement la préférence de la main droite à la main gauche. La population de la région appelait la communauté habitant Fès : Les droitiers en berbère : I Fasiyen qui veut dire les droitiers. Ti Fasiyin qui veut dire les droitières. Les habitants de cette ville sont toujours appelés I Fasiyen. Un habitant de Fès s'appelle : A fasiy (le droitier), et une habitante de la ville s'appelle : Ta Fasiyt (la droitière) . Version 3 Une autre hypothèse sur l'étymologie de Fès est présentée par le jeune historien marocain Chafik T. Benchekroun, dans son ouvrage: Les Idrissides (L'histoire contre son histoire). C’est un auteur de beaucoup postérieur aux évènements qui en parle. Il s’agit de ?asan al-Wazzan (Léon l'Africain, au début du XVIè siècle). Toutefois, bien qu’il écrive plus de sept siècles après la fondation de Fès, il possède une objectivité et un sens critique que n’avaient pas ses précurseurs mérinides. Par exemple, lorsque des auteurs mérinides tels Ibn Abi Zar et al-Gaznai prétendaient faussement que les deux Idris étaient sunnites, alors que ?asan al-Wazzan qualifiait Idris I à raison de « rebelle schismatique », c’est-à-dire de chiite. ?asan al-Wazzan parle alors de l’étymologie de Fès en ces termes : « …certains veulent que l’endroit où fut bâtie la ville ait porté le nom de Fez en raison de la rivière qui le traversait, parce qu’en langue africaine cette rivière se nommait Sef et que ce mot s’est corrompu. » . Cette idée est extrêmement intéressante, selon Chafik T. Benchekroun car on peut l’étayer avec plusieurs arguments : premièrement, ?asan al-Wazzan a raison lorsqu’il dit que la rivière en langue « africaine » (berbère) se dit Sef, car elle se dit asif, a étant l’article en berbère il reste sif, sif et sef étant très proches dans leurs prononciations courantes. Deuxièmement, des berbérisants modernes admettent, en effet, que le mot asif ait pu donner fes, transcrit Fas par les Arabes (ou plutôt les Arabophones) . Troisièmement, les lettres alif et yae avaient les mêmes fonctions sonores à l’époque, sif (???) pouvait facilement se lire saf , d’où l’évidente inversion en Fas ; ceci est encore plus compréhensible à travers cet exemple : au Vè H./XIè siècle, lorsqu’al-Bakri veut écrire il écrit , car encore à l’époque, la lettre yae pouvait assumer la fonction sonore de l’alif d’aujourd’hui. Quatrièmement, Ibn Abi Zar parle d’un moine qu’Idris II aurait rencontré sur le lieu ou sera fondé Fès, qui prétend qu’une ville antique s’appelant Madinat Saf aurait existé sur l’emplacement de la future Fès . Ibn Abi Zar continue en supposant que Fas serait le nom inversé de l’ancienne ville, Saf. C’est ainsi que l’étymologie de Fès se précise, selon Chafik T. Benchekroun. Le lieu où allait être fondé Fès était habité par un groupe de la tribu berbère de Zuaga et traversé par une importante rivière qui se dit en berbère asif. Aux alentours de l’an 800 (monn. 801 Madinat Fas), Fès est fondée et reçoit pour nom une version estropiée de son ancien nom berbère (asif, puis sif, puis sef, puis enfin Fès). Quelques siècles plus tard, avec de vagues souvenirs d’inversion de nom, des chroniqueurs comme Ibn Abi Zar et ses sources perdues tissent toute une légende où un moine chrétien centenaire, une magnifique cité évanouie, un antique Livre de la Science ne sont que des légendes plus belles les unes que les autres. Il faut aussi ajouter que cette étymologie berbère est beaucoup plus crédible qu’une éventuelle étymologie arabe car la plupart des villes fondées par les Idrissides ont portées des noms berbères (à 60 km au Nord de Fès, sur la rivière Sbu, la ville de B. Tawada, au Sud, Tagragra, Mrira, Wazzaqqur…), sans oublier que Fès elle-même était (et est encore) entourée de lieux à étymologie berbère (Fès étant par exemple surplombée de montagnes portant les noms évocateurs de Zalag, qui veut dire bouc en berbère, et de Tgat, qui veut dire chèvre) . Histoire Fondation L'histoire de la fondation de Fès était sujette à polémique entre les différents historiens. Mais, la nouvelle approche du jeune historien marocain, Chafik T. Benchekroun , a réussi à démêler bon nombre d'incompréhensions et d'incertitudes: Évariste Lévi-Provençal a soutenu que Fès (l’actuelle udwat al-Andalus) doit avoir été fondée par Idris I, et non par Idris II selon une tradition historiographique tenace . Quoiqu’il faille reconnaître cette avancée de l’histoire sur la tradition, Chafik T. Benchekroun pense qu'il est possible de se montrer encore plus précis sur l’histoire de la fondation de Fès. Car, à bien considérer les recherches entreprises par Georges Colin sur la numismatique idrisside , il est déductible que les dernières monnaies frappées au nom d'Idris I le furent en 179H (même après sa mort, en 175H, on continua à frapper à son nom durant quatre années), et les premières au nom d'Idris II en cette même année (179H./795) (il n’avait alors que trois à cinq ans, selon les sources). L’atelier de Tudga fournit des dirhams au nom d'Idris I, datant respectivement de 174, 175, 177, 178, 179 , c’est-à-dire soit du vivant d'Idris I, soit jusqu’à quatre ans après sa mort. Le descendant alide a eu pour capitale Volubilis, et en effet des pièces de monnaie frappées à son nom à Volubilis ont été retrouvées, elles datent respectivement de 173H./789-90, 174H./790-91 et 176H./792-93 c’est-à-dire du vivant d'Idris I, et environ un an après sa mort . Alors que pour Fès, la plus ancienne pièce de monnaie disponible date de 185H./801, et surtout est anonyme . Henri-Michel Lavoix dit, en 1891, que c’est un certain Tiesenhausen qui aurait le premier découvert cette monnaie. En tout, il existe au moins trois monnaies frappées à Fès avant sa date traditionnelle de fondation, la première date de 185H./801, la deuxième de 189H./805, la dernière de 18?./796 à 806 (pièce en partie illisible). La plus ancienne de ces dates (185H./801) se révèle d’autant plus intéressante, selon Chafik T, Benchekroun, qu’un grand auteur comme ?asan al-Wazzan (Léon l'Africain) la présente comme la véritable année de fondation de Fès . Cet auteur est d’une objectivité rare. Loin de Fès (il écrit à Rome), il affirme, à titre d’exemple, à raison que les Idrissides étaient des chiites (alors que tous ses contemporains s’obstinaient à les voir comme des Sunnites malékites). Cette date se situe donc environ dix ans après la mort d'Idris I, à une époque où son successeur officiel n’avait pas encore dix ans et où une sorte de « régence » semble avoir été effectuée par Rašid, le fidèle serviteur d'Idris I, et tout aussi fidèle précepteur et mentor d'Idris II (voir plus haut). Arrivé à ce stade, Mr Benchekroun fait savoir qu'il a découvert que Rašid a déjà fait frapper des monnaies à son nom à Volubilis sous le nom de Rašid Ibn Qadim . Deux fulus ont été retrouvés, l’un frappé à Volubilis, l’autre frappé à Tahirt (ce qui envisagerait une conquête temporaire de cette ville voisine de Tlemcen par Rašid , d’où la volonté fébrile d’Ibrahim Ibn al-Aglab de déstabiliser l’entité chiite, et ses complots successifs qui finiront par l’assassinat du mystérieux « régent »…). C'est Georges Séraphin Colin qui présente ces deux fulus (sans dates), dans un article de la revue Hespéris publié en 1936. L’un est frappé à Volubilis, l’autre à Tahirt par un certain Rašid Ibn Qadim. Ce dernier, toujours selon Chafik T. Benchekroun, ne peut-être que le Rašid de toutes les sources qui a gouverné (et régné ?) comme « régent » entre les deux Idris. Car, il faut dire que la plus récente pièce connue à avoir été frappée à Volubilis date de 199H./814-5 et porte le nom d'Idris II. Toutefois, Georges Colin suppose que c’est impossible que ce Rašid Ibn Qadim soit le fameux Rašid vu que Mu?ammad al-Kattani affirme que Rašid s’appelait Ibn Mensa ou Ibn Muršid… Cependant, rétorque Mr Benchekroun, il omet de dire que ce Mu?ammad al-Kattani est un hagiographe qui a écrit au XIXè siècle (c’est-à-dire onze siècles après les faits, 1100 ans) et il prétend donner le nom complet de Rašid alors qu'aucun auteur médiéval ne s'en montre capable... Donc, d’où cet hagiographe du XIXè siècle a-t-il rapporté ces informations ? De plus, l’un des noms qu’il avance est apparemment inventé, car, en plus de bien rimer (Rašid Ibn Muršid) Muršid veut dire guide… Rašid ayant guidé le futur Idris I de La Mecque jusqu’à Volubilis… Donc, conclut Chafik T. Benchekroun, Rašid était investi durant sa régence d’une autorité suffisamment puissante pour pouvoir frapper monnaie à son nom, même dans la capitale qu’était Volubilis… Voilà ce qu’il est possible de déduire de ces informations laconiques: 1) Les monnaies existantes au nom d'Idris I lui sont soit contemporaines soit postérieures de un à quatre ans, et concernent soit sa capitale Volubilis, soit d’autres villes lointaines comme Tudga, mais jamais Fès. 2) La plus ancienne monnaie frappée à Fès est surtout et avant tout anonyme, de surcroît, elle date d’environ dix ans après la mort d'Idris I, et de deux ans avant la bay a prématurée du futur Idris II alors âgé d’environ dix ans. 3) A l’époque où cette pièce de monnaie a été frappée, c’est Rašid, l’ancien compagnon (affranchi ou « client ») d'Idris Ibn Abd Allah, qui assurait la « régence » depuis une dizaine d’années, en attendant la majorité du futur Idris II. Rašid a déjà frappé monnaie à son nom dans la capitale qu’était Volubilis, et donc jouissait d’une autorité souveraine. Tous ces derniers éléments réunis peuvent permettre de penser, selon Mr Benchekroun, à la probable éventualité qui voudrait que Rašid, l’ancien affranchi et donc ancien esclave , ait pu être celui qui a fondé Fès… Ceci est incontestable, si les premières monnaies frappées à Fès (étant sûrement contemporaines à sa fondation) datent, comme celle que possède l’université de Kharkhov, d’environ 801, ou d’un peu plus tôt. Car, il faut le répéter une nouvelle fois, aux environs de 801, Idris I est mort depuis dix ans (donc Idris I ne peut avoir fondé Fès), et le jeune et futur Idris II est un enfant qui a au maximum dix ans (donc il ne peut lui aussi avoir fondé Fès, sauf si c’est réalisé symboliquement en son nom). Donc, celui qui gouverne réellement à l’époque, qui est le « régent » en quelque sorte, l’ancien esclave, Rašid, ne peut être que le seul, capable et habilité, a pouvoir légitimement prendre la décision de fonder une ville, en l’occurrence, ici, la ville de Fès. Ces dernières affirmations paraîtraient très solides s’il n’existait, aux dires de Lévi-Provençal, trois sources médiévales prétendant que Fès aurait été bâtie en 172H par Idris I, toujours selon Lévi-Provençal. Ces sources seraient a-Razi (Andalou du IVè H./Xè siècle, mais dont les propos, perdus, ne sont cités qu’au XIIIè siècle par Ibn al-Abbar), Ibn Sa id (XIIIè siècle) et l’auteur anonyme de la Zahra al-man?ura (XIVè siècle), mais ce dernier aurait copié a-Razi, selon Lévi-Provençal lui-même, ce qui réduit ces sources de trois à deux . Ces deux sources sont alors méticuleusement disséquées par Chafik T. Benchekroun, car la façon évasive avec laquelle elles ont été présentées par Lévi-Provençal invite à les revisiter de fond en comble. En suivant la démarche entreprise par Isma il al-aArabi Mr Benchekroun analyse ces deux sources l’une après l’autre: 1) A-Razi: L’œuvre d’Abu Bakr Mu?ammad a-Razi (mort en 344H./955) est perdue et seules des bribes en sont citées chez des auteurs postérieurs. Les quelques phrases qui importent ici sont citées par Ibn al-Abbar (VIIè H./XIIIè) : « … a-Razi raconte qu'Idris Ibn Abd Allah arriva au Magrib en l’an soixante-douze (sous-entendu 172) durant le mois de rama?an en fuyant Abu Ga far (le calife abbasside al-Man?ur), c’est alors qu’il arriva à un endroit appelé Ulili sur la rivière a-Zaytun. Des tribus berbères se réunirent autour de lui et le choisirent à leur tête, et elles construisirent la ville de Fas… ». Chose très importante, a-Razi ne dit pas qu'Idris Ibn Abd Allah a fondé Fès, mais que ce sont les tribus berbères qui construisirent la ville, et de plus sans donner la date de fondation de cette ville. La seule date qu’il avance est celle de l’arrivée Idris Ibn 'Abd Allâhà Volubilis, c'est-à-dire la date de 172H. La même date que Lévi-Provençal avance comme celle de la fondation de Fès Donc Lévi-Provençal a fait dire à a- Razi quelque chose qu’il n’a pas dit. Tout au mieux l’aurait-il sous-entendu. Ce a-Razi qui est loin d’être un historien infaillible vu qu’il est le seul à avancer la date de 174H comme celle de décès d'Idris Ibn Abd Allah alors que tous les autres auteurs avancent les dates de 175H ou encore postérieurement de 177H. Ce a-Razi qui prétend que Mu?ammad Ibn Idris passa son règne dans le lucre et le stupre alors qu’il le confond avec Yaaya Ibn Yaaya Ibn Idris . Ce a-Razi qui prétend que ce même Mu?ammad Ibn Idris n’eut pas de descendance alors que deux de ses fils (‘Ali Ibn Mu?ammad et Ya?ya Ibn Mu?ammad) régnèrent sur Fès après lui, dont ‘Ali Ibn Mu?ammad qui lui succéda immédiatement et dont il existe plusieurs pièces de monnaie datées à son nom qui corroborent le récit unanime de tous les autres auteurs… Ce a-Razi qui prétend qu’Idris Ibn Abd Allah fuyait les troupes du calife Abu Ga far (le calife abbasside al-Man?ur), alors qu’il fuyait en réalité celles du calife al-Hadi vu que sa fuite se passe entre 169H./786 et 172H./788 et que le calife al-Man?ur régna entre 754 et 775... Ce a-Razi qui prétend que les Raba?is de Cordoue furent accueillis à Fès à l'époque d'al-Qasim Ibn Idris (?) et non sous Idris II … Tous ces arguments présentés, Chafik T. Benchekroun se demande: faut-il vraiment faire dire à a-Razi quelque chose qu’il n’a pas dit sur un sujet qu’il semble ne pas du tout maitriser ? 2) Ibn Sa id al-Magribi: A l’instar des propos d’a-Razi, ceux d’Ibn Sa id traitant de la fondation de Fès sont perdus, mais son cités par al-Qalqašandi (1355/1356-16 juillet 1418). Cette fois ci, ce sont des paroles claires et assurées. Al-Qalqašandi prétend qu’Ibn Sa id a écrit : « …Fès est divisée en deux villes, l’une fondée par Idris Ibn Abd Allah, l’un des souverains idrissides au Magrib, elle est connue pour être la rive des Andalous, l’autre fut fondée après elle et est connue pour être la rive des Kairouanais… ». Cependant, immédiatement après, ce même al-Qalqašandi cite al-?imyari pour dire que la rive des Andalous a été fondée en 192H et celle des Kairouanais en 193H De surcroît, fait remarquer Mr Benchekroun, al- Qalqašandi prétend citer ce passage d'Ibn Sa id à partir de son Mugrib fi ?ula al- Magrib alors qu'il ne s'y trouve pas le moins du monde, en tous cas dans les manuscrits disponibles aujourd'hui et qui sont réputés comme complets... Mais, le plus troublant, continue Chafik T. Benchekroun est que dans un autre ouvrage d’Ibn Sa id, Kitab al-Badi (???? ??????), l’auteur affirme que la construction de Fès commença au mois de rabi al-awwal 192H et fut terminée en rabi a-tani 193H … La deuxième source présentée par Lévi-Provençal comme autre argument fort qui appuie sa théorie s’effondre donc également. Car, se demande Mr Benchekroun, pourquoi, dès son arrivée, Idris I aurait-il tenu à bâtir une ville aussi proche de sa capitale, alors que cette dernière (Volubilis) devait être encore très spacieuse (le prétexte d’étroitesse de Volubilis n’est évoqué que sous Idris II, suite à la forte affluence que connait la ville) ? Et surtout, pourquoi aucune monnaie n’est frappée à Fès sous Idris I et même, chose encore plus troublante, durant dix ans après sa mort (alors que des monnaies lui étant contemporaines existent à son nom pour des villes aussi éloignées de Volubilis que l’est Tudga, aux portes du désert) ? Cela ne voudrait-il pas tout simplement dire que Fès n’existait pas à cette époque ? De plus, si Fès avait été fondée dès 172H, une mosquée y aurait dû être indiscutablement construite (Idris I fait bâtir une mosquée à Tlemcen en 174H et une mosquée se trouve à Volubilis avant la bay’a d’Idris II )...ceci alors que plusieurs sources affirment en chœur que les premières mosquées de la ville furent fondées par Idris II. D’ailleurs, que ce soit sous le règne d’Idris I ou durant les dix années qui suivent sa mort, aucune source n’évoque un quelconque évènement ou personnage qui aurait été lié à Fès…Mieux, Fès elle-même n’est jamais évoquée… Une des sources les plus importantes et les plus anciennes sur Idris Ibn Abd Allah, A?mad Ibn Sahl a-Razi, qui écrit au tout début du IVè H./Xè siècle, n'évoque tout simplement jamais Fès, comme si, logiquement, elle n'existait pas encore à l'époque d'Idris I... Arrivé à ce point, Mr Benchekroun essaye alors d’expliquer ces ténèbres historiographiques sur l’histoire de la fondation de Fès. La cause unique de ce quiproquo insoluble serait-elle à mettre sur le dos du malheureux copiste qui aurait remplacé sab’îin par tis’îin ? La nouvelle perspective qui signifierait la possible fondation de Fès par Rašid peut éclairer d’une toute autre lumière la question. La supposition voudrait qu’en admettant que Fès ait été fondée par Rašid, aux alentours de 184-5H./800-1, après sa mort, un à deux ans plus tard, le jeune Idris II et son entourage arabe, vivant dans un climat de suspicion de plus en plus dangereux à Volubilis (assassinat du « régent » Rašid, bay a précipitée par son entourage, exécution du chef des Awraba…), ils aient décidé de se choisir une nouvelle capitale pas trop éloignée de l’ancienne (afin de garder une vigilance méfiante sur les versatiles Volubilitains) ; leur choix idéal s’arrête évidemment sur la toute proche Madinat Fas fondée par leur regretté « régent » Rašid. Mais pour affirmer leur volonté de créer une nouvelle capitale, ils décident de s’installer sur la rive faisant immédiatement face à Madinat Fas qu’ils décident d’appeler al- Aliya (comme le témoignent les monnaies frappées à cette époque). Car, Ibn ‘I?ari, par exemple, insiste bien sur le fait qu'Idris II a fondé sa ville dans la Udwat al-Qarawiyyin qui n'était que marécages à l'époque, sans souffler un traître mot sur la rive opposée . Ceci expliquerait peut-être (en partie) l’histoire légendaire de l’ancienne Saf qui doit être refondée par un illustre roi et devenir Fas . De plus, Ibn Abi Zar dit que sur les lieux de fondation de Fès se trouvait une ancienne ville détruite nommée Madinat Saf qui a été refondée par Idris II sous le nom de Madinat Fas. Ceci alors que la plus ancienne monnaie de Fès (185H./801) porte l’inscription de Madinat Fas (qui n’a donc pas été fondée par Idris II) et que la plus ancienne monnaie de la rive gauche de Fès (fondée par Idris II) porte l’inscription d’al-‘Aliya… Le récit légendaire d’Ibn Abi Zar contiendrait alors au moins un soupçon de vérité : sa Madinat Saf antique refondée en Madînat Fas par Idris II serait la Madinat Fas de Rašid refondée en al-‘Aliya par Idris II. Surtout que l'écho d'une fondation de Fès en deux temps par deux souverains successifs est parvenu jusqu'à ?asan al-Wazzan (Léon l'Africain, qui écrit au début du XVIè siècle). En effet, il est le premier historien à affirmer clairement et directement (sans être cité par personne, comme les a-Razi et Ibn Sa id) que : « ...l'on construisit au bord de la rivière, à l'Est, une petite ville qui compta environ 3000 feux et qui fut, relativement à son importance, pourvue de tout le nécessaire. Idris (II) vint à mourir. L'un de ses fils bâtit à l'Ouest une autre ville, de petites dimensions, située elle aussi sur le cours de la rivière. » . Le texte est clair comme de l'eau de roche. Il faut juste y remplacer, selon Chafik T. Benchekroun, Idris II par Rašid vu que Léon l'Africain lui-même dit que Fès fut fondée en 185H./801, et qu'à cette époque le futur Idris II n'avait au grand maximum que 10 ans... Les sources d'eau vitales aux alentours de Fès, qui avant même sa fondation étaient connues et louées en chanson, ont sans aucun doute été un critère important lors du choix de l'emplacement pour la future métropole. Les évolutions suivantes sont dues à deux vagues successives d'émigration : à partir de 817 - 818 s'installent dans la ville fondée par Idrîs Ier près de 800 familles andalouses expulsées par les Omeyyades de la ville espagnole de Cordoue. Peu de temps après environ 2 000 familles bannies de Kairouan (fuyant les persécutions des Aghlabides) s'installent sur l'autre berge. La mosquée universitaire «Quaraouiyine» fondée au IXe siècle devient l'un des centres spirituels et culturels les plus importants de l'époque. Son influence se fait ressentir jusque dans les écoles de l'Espagne islamique et au-delà vers l'Europe et elle est connue pour être la plus ancienne université au monde. Les nouveaux arrivants apportent avec eux aussi bien un savoir-faire technique et artisanal qu'une longue expérience de la vie citadine. Sous leur impulsion, Fès devient un centre culturel important et après la fondation de la mosquée universitaire Quaraouiyine le cœur religieux du Maghreb. Fès se trouve à un emplacement particulièrement avantageux, au croisement de routes commerciales importantes, au cœur d'une région naturellement généreuse avec des matières premières précieuses pour l'artisanat (pierre, bois, argile). Ceci lui permet de se développer très rapidement. Fès se trouve notamment sur la route des caravanes allant de la Méditerranée à l'Afrique noire en passant par la grande ville commerciale Sijilmassa (disparue au XVIIe siècle) dans la région de Tafilalt. Moyen Âge Aux Xe et XIe siècles, la ville de Fès est prise par les Maghraoua. Elle sera le théâtre de bataille entre les tribus Zénètes Maghraoua et Banou Ifren pour sa gouvernance . Les deux parties de la ville s'unissent au Moyen Âge en 1069, détruisant le mur qui les séparait. Fès perd son rôle de capitale avec la fondation de Marrakech et Tlemcen par la dynastie almoravide au XIe siècle mais le reprend en 1250 grâce à la dynastie mérinide. Sous leur règne, la nouvelle ville El Medinet El-Beida (la ville blanche) est fondée en 1276 ; elle est équipée de remparts, de palais et de jardins. Elle est rapidement connue sous le nom de Fès Djedid (la nouvelle Fès) en opposition à Fès el Bali (la vieille ville). La population juive qui se trouvait aux alentours du palais est forcée de partir et le Mellah (quartier juif) se forme dans l'ancien quartier de la garnison des archers syriens. Au début du XIVe siècle (apogée de l'art hispano-mauresque), la ville connaît une forte croissance. L'université Quaraouiyine est alors connue mondialement. Grâce aux caravanes allant jusqu'au port de Badis dans le Rif, Fès est en permanence liée à l'Espagne islamique et à l'Europe. En 1471, la ville tombe aux mains de la dynastie Beni Wattas qui fonde le royaume de Fès. XVI - XVIIIe siècles En 1522, Fès souffre d'un tremblement de terre qui détruit la ville en partie. Dans les années qui suivent, de nombreux bâtiments sont reconstruits, restaurés ou remplacés par des nouveaux. La dynastie des Saadiens prend la ville en 1554 mais choisit Marrakech comme capitale. À la fin du XVIIe siècle, avec les débuts de la dynastie alaouite, Moulay Ismail choisit Meknès comme nouvelle capitale. Il installe à Fès une partie du clan des Udaia qui l'avaient aidé à gagner le pouvoir. Après sa mort (1727), les Udaia se révoltent, ils ne seront chassés de la ville qu'en 1833 par Abd al-Rahman. Moulay Abdallah, le successeur de Moulay Ismail, fait de Fès son lieu de résidence et fait rénover ou construire mosquées, écoles (madrasas), ponts et rues, les rues de Fès Djedid sont pavées. XIXe siècle Au XIXe siècle, les deux anciennes parties de la ville sont reliées à de nouvelles constructions comme le palais bouloudjoubou. Jusqu'au début du protectorat en 1912, Fès est la capitale du Maroc. Le protectorat français et l'indépendance C'est à Fès que le traité de protectorat français et espagnol (pour le Nord du pays ainsi que le Sahara Occidental) est signé le 30 mai 1912. Moins de trois semaines après la signature, des émeutes éclatent dans la ville. Rabat est déclarée officiellement capitale du Maroc, Fès reste cependant un important lieu de résidence royale et un centre culturel, artisanal, commercial mais aussi politique. L'istiqlal (Parti de l'Indépendance) est établi à Fès par Allal El-Fassi. Beaucoup des initiatives pour chasser l'occupant français partent de Fès. En 1944, est rédigé le manifeste pour l'indépendance dans une maison de l'ancienne médina, aujourd'hui place de l'Istiqlal. La ville sera l'objet d'émeutes dans les années 1980 et début 1990. Sous la direction de Lyautey et d'après les plans de l'architecte Henri Prost, une nouvelle ville se développe dans les environs de Dar Debibagh au sud de Fès Djedid. Si elle fut dans un premier temps le quartier résidentiel des européens, la « ville nouvelle » a continué à se développer comme ville arabe moderne avec de nouveaux quartiers de villas. Les autorités, institutions et entreprises de services s'y sont installées. Démographie La ville de Fès compte actuellement environ 1 050 000 habitants et se divise en trois parties : Fès el-Jedid : édifiée au XIIIe siècle par les Mérinides, elle est une cité administrative et royale où le Roi aime à se rendre pour marquer la solennité d'un évènement ou l'importance d'une décision ; Fès el-Bali : le plus vieux quartier, édifié par les Idrissides ; Fès el-jedid et Fès el-Bali forment la médina de Fès, faisant partie du patrimoine mondial de l'UNESCO. Fès ville nouvelle (Dar Dbibegh) : construite par les Français au temps du protectorat. C'est dans cette partie de Fès que se rencontrent modernité et tradition. La Médina de Fès abrite actuellement une population de 156 000 habitants . Organisation administrative Géographie Climat Fès est située près du Moyen Atlas, à l'intérieur des terres ; elle bénéficie d'un climat méditerranéen mais fortement mâtiné de continentalité et subissant l'effet de versant des montagnes Le froid hivernal rappelle très souvent la neige abondante du Moyen Atlas à 60 km au sud de la ville. Cela se traduit par une forte amplitude thermique. L’hiver peut, en fonction de l'altitude, s’avérer très rigoureux. On dit qu'il neige à Fès un an sur deux ou un an sur trois.Les précipitations annuelles sont comprises entre 600 et 700mm. Le voyage y est possible toute l'année, mais le printemps (avril et mai) et l'automne (mi-septembre à fin octobre) sont les deux saisons les plus agréables, comme pour l'ensemble du pays d'ailleurs. En avril, les températures moyennes maximales sont de 18 °C et les minimales de 8 °C. En septembre, les minimales sont voisines de 15 °C, tandis que les maximales dépassent légèrement les 27 °C. L'été, les températures moyennes maximales montent jusqu'à 35 °C. Mieux vaut sortir le matin et le soir pour profiter de la diversité des paysages de la région. Enfin, l'hiver est, comparativement aux régions littorales ou méridionales, froid. Cependant, il paraît beaucoup plus doux que celui des régions de l'Oriental, du Rif ou de l'Atlas. Économie Fès a eu beaucoup de mal à s'adapter au basculement économique du pays vers la côte atlantique et en particulier vers le rectangle Rabat-Casablanca. Si de nombreuses familles de ahl fes ayant bénéficié d'une éducation ont acquis d'éminents postes dans les entreprises (Casablanca surtout) et surtout dans l'administration (Rabat), le retour vers Fès a peu été envisagé. La ville est connue pour avoir été quelque peu négligée pendant un moment, entre autres par souci d'équilibre avec les autres centres du pays en plein boum mais aussi pour son côté frondeur : les infrastructures manquent (routes et système d'adduction d'eau en particulier), les commerçants vont ailleurs : Casablanca-Rabat mais aussi la côte nord (de Tanger à Oujda), grâce certes au fameux trafic de hachich mais aussi par l'effet "détaxe" des enclaves espagnoles et du marché longtemps avide de biens de consommation qu'était l'Algérie socialiste. L'exode rural des campagnes alentour est immense : la ville a doublé ou triplé de population, principalement par l'arrivée de paysans. Fès se réoriente progressivement vers deux secteurs: l'agriculture : Fès joue ainsi le rôle de centre de collecte : la plaine du Saïs, ancien lac asséché, est très fertile et la montagne constitue un environnement favorable à certaines productions maraîchères et fruitières absentes dans le reste du pays (fruits rouges...) ; le tourisme (voir plus bas). en plein boum. Le choix des autorités est de se lancer sur un secteur plus "culturel" que la grande rivale Marrakech, et donc sur une clientèle plus aisée. Elle est ici concurrencée sur ce secteur par Essaouira. Ce qui manque à Fès : le fait d'être maintenant à l'écart des véritables centres et axes économiques du pays (la côte de Tanger à Marrakech) ; peu de centres de formation valables : si la quaraouiyine est un bel emblème, elle ne forme pas de cadres et encore moins de techniciens valables ; le passé prestigieux et lettré est en soi un handicap, car il déforme la hiérarchie des valeurs : à Fès, mieux vaut être un fonctionnaire au "ministère" qu'un commerçant ou un industriel. Enseignement Culture La maison de la culture Agdal en centre ville comporte une salle de théâtre de de concerts, des salles d'exposition et une bibliothèque. La Galerie Mohamed Kacimi, construite par l'État et gérée par la ville propose des expositions d'art contemporain. C'est aussi à Fès que l'atelier de production et de formation de L'appartement 22 est développé par Abdellah Karroum. Ces sessions ont donné lieu à des productions pour la radio culturelle R22. Universités L'université AL Quaraouiyine à Fès est certainement la plus importante dans l'histoire de la ville. Elle est l'emblème de la ville et son architecture est un des meilleurs représentant du style arabo-andalou (9). Son nom est issu de la communauté des 2000 familles urbaines kairouanaises (de kairouan) qui s'était installée et avait fondé le nouveau quartier dans la ville (voir plus haut). Fondé au IXe siècle, elle a dès le départ bénéficié d’une mosquée et d’une université. À ce titre, elle peut postuler au titre de la plus ancienne université du monde, ou en tout cas le plus vieil établissement d'enseignement. Comme toutes les université de Moyen Âge (Europe chrétienne ou occident et orient musulmans), elle a d'abord été théologique puis, comme la théologie définit le droit, juridique. Elle a également joué un rôle de préservation et de diffusion de la langue arabe (linguistique, grammaire, rhétorique) et de traduction de textes (hébreu, grec, latin vers l'arabe). Elle est aussi une bibliothèque de manuscrits. Ce rôle juridique a aussi une fonction essentielle : par son rôle d'archives (héritage en particulier) elle a aussi eu une fonction de compilation et de point de référence des lignages familiaux. Or, ces derniers ont un rôle essentiel dans l'affirmation des grandes familles de la ville (voir la bataille éditoriale sur ce même site à propos de cet article). Elle a donc permis d'établir certains droits et titres. Sur les plans théologique et juridique, elle a été le point nodal de la doctrine malékite. Cette doctrine ou rite a aujourd'hui une extension importante : en gros toute l'Afrique de l'ouest musulmane jusqu'aux pays haoussa au Niger et Nigeria (certains inclus, d'autres non). Plusieurs figures de proue de cet enseignement sont à citer : Abou Amrane El Fassi (430 H: 1009 C) jurisprudence malékite au sein de l’université de Kairouan (actuelle Tunisie) et Al-Azhar (Le Caire, Égypte) ; Abu Ali Al Kali : littérature, de Cordoue ; Sabek Al Matmati : poésie, venu de Damas ; le Cadi Abu Bakr Al Arabi enterré à Fès fut le disciple de Abi Hamed Al Ghazali en orient avant de publier ses ouvrages au Maroc et en Andalousie ; Ibn Ajroum Annahoui (723 H: 1302 C) grammaire, à Fès, lequel a été commenté au Caire et Bagdad, traduit et publié en Europe (8). Un apport important de l’université Al Quaraouiyine à la société marocaine et aux sociétés arabo-islamiques est l’édification de la personnalité islamique, de l’identité religieuse et de la mémoire sociale. L'université Sidi Mohammed Ben Abdellah est une université moderne fondée en 1975. On y compte 9 établissements en pleine relance dotés d'installations de qualité : bibliothèques, amphithéâtres, laboratoires, salles de conférences, équipement multimédia : Faculté de Médecine et de Pharmacie Faculté des Sciences Faculté des Sciences Juridiques, économiques et Sociales Facultés des Lettres et des Sciences Humaines Faculté des Sciences et Techniques École Supérieure de Technologie École Nationale des Sciences Appliquées École Nationale de Commerce et de Gestion Tourisme Ces dernières décennies, le tourisme n'a cessé de se développer (1 million de visiteurs par an) et est devenu un important facteur économique. Fès propose des manifestations culturelles telles que le Festival de Fès des musiques sacrées du monde au mois de juin de chaque année. De nombreux étrangers se sont installés à Fès et ont ouvert des maisons d'hôtes. Monuments Mosquée El-Qaraouiyyîn Palais Batha Médersa Bou-Inania Foundouk des peaussiers Mosquée Ech-Cherabliyyîn Musée Nejjarîn des Arts et Métiers du bois Médersa El-Attarîn Mosquée des Andalous Médersa Es-Sahrij Borj Nord Dar el-Makhzen Dar Anebar Fès, capitale spirituelle Capitale culturelle et spirituelle du Maroc, Fès est une ville millénaire. En la parcourant, on peut facilement se laisser emporter à travers son histoire, grâce à ses nombreuses mosquées, médersas, fondouks, fontaines et salles d'ablution, jardins historiques, murailles et remparts, portes fortifiées, mellah et synagogues, manufactures, mausolées, palais et riads, places et souks. Des Idrissides aux Alaouites, des Andalous aux Juifs, toutes les dynasties et tous les peuples ont laissé leur empreinte sur la ville. Ces dernières années de nombreux monuments ont été restaurés, comme la médersa El-Attarîn, la médersa Bou-Inania (XIVe siècle), la Magana (une horloge hydraulique unique au monde) et la bibliothèque de la mosquée Quaraouiyine. Cette dernière possède de très rares manuscrits écrits par de célèbres savants comme Ibn Rochd (Averroès) ou Ibn Khaldoun. Appelés "monuments verts", les jardins du palais Batha, construits au XIXe siècle par le sultan alaouite Moulay Hassan Ier et celui du Riad Moqri datant du début XXe siècle ont retrouvé leur végétation. Aujourd'hui la médina est le principal pôle d'attraction. Toutefois, quelques centres culturels et galeries voient le jour : le Centre culturel municipal Agdal (près de la place Florence) compte une salle de spectacles et une galerie d'expositions. Langue Si l'arabe classique reste la langue littéraire, l'arabe dialectal est ultra-majoritaire. le parler de Fes présente cependant des tournures particulières que d'aucun qualifierait de précieuses, tendant à enjoliver/adoucir/féminiser les mots (kwiyyiss au lieu de ka's) issues de l'arabe andalou Musiques musique andalouse / le malhoun Musique arabo-andalouse le malhoun Films à voir sur la ville de Fès "Bleu de Fès" écrit et réalisé par Françoise Gallo, FRANCE 3, 1993 "À la recherche du mari de ma femme" (Al-bahth an zaouj imaraatî) de Mohamed Abderrahman Tazi (1993), comédie traitant avec humour de la polygamie effrenée et perçue comme anachronique d'un vieux barbon balbutiant de Fes Transports La ville possède deux gares ferroviaires ONCF : la gare de Fès-Ville qui vient d'être réaménagée suivant une archiecture typiquement marocaine, et utilisant des motifs décoratifs artisanaux; elle est reliée à toutes les gares principales du Maroc. La gare de Fès-Médina est sur la ligne reliant Fès à Oujda. Le schéma directeur prévoit de même la construction à moyen terme, d'une gare voyageurs à Zouagha pour accompagner le développement urbain de cette zone . La ville a sur son territoire l'Aéroport international de Fès - Saïss qui la relie à l'Aéroport international Mohammed V - Nouasser de Casablanca et aux aéroports de Paris et à ceux d'autres villes françaises et européennes. La ville de Fès est reliée au réseau autoroutier du royaume par la A 2 et verra mi 2011 sa liaison avec l'est par la A 9 jusqu'à Oujda. Le parc de la régie autonome de transport urbain de Fès (RATF) possède un parc assez jeune, et dessert toute la ville et sa périphérie. Un tramway est actuellement en étude pour desservir la ville. Sport Clubs de football Le principal club de football de la ville est le Maghreb Association Sportive Fès (MAS). Ce dernier a remporté quatre championnats (1965, 1979, 1981 et 1985) et deux coupes du trône (1980, 1988). C'est le seul club marocain à avoir disputé les 1/16 de finale de la coupe de France pendant le protectorat. Il a produit de très grands joueurs: Benzakour, Benchekroun, Hamid Lahbabi, Labied, Zemmouri, Hazzaa, Zahraoui, Guezzar, Tazi, Moulay Driss, Jennane et bien d'autres. Il est connu par son école des gardiens de buts et possède un public engagé et discipliné. La ville de Fès possède un autre club de football qui est le Wydad Athletic de Fès (WAF). Autres clubs Il existe de nombreux autres clubs sportifs appartenant à des disciplines variées telles le basket-ball, tennis, handball. Infrastructures sportives Stades Complexe sportif de Fès (45 000 places, football, athlétisme) Stade Hassan II (10 000 places, football) Salles couvertes Salle du 11 janvier (4 000 places, basket-ball, handball) Salle Tajaâmouti (2 500 places, basket-ball, volley-ball) Salle Mernissi (1 000 places, basket-ball) Jumelages et partenariats Florence (Italie) depuis le 8 mars 1963 Kairouan (Tunisie) depuis le 22 janvier 1965 Saint-Louis (Sénégal) depuis le 7 décembre 1979 Jérusalem (Palestine) depuis le 7 mai 1982 Coimbra (Portugal) depuis 1988 Lahore (Pakistan) depuis le 9 avril 1988 Tlemcen (Algérie) depuis le 11 juillet 1989 Cordoue (Espagne) depuis le 18 août 1990 Chinguetti (Mauritanie) depuis le 12 mars 1990 Carthagène des Indes (Colombie) depuis le 8 mai 1993 Suwon (Corée du Sud) depuis le 2 février 2003 Montpellier (France) depuis le 14 juin 2003 Cracovie (Pologne) depuis 2004 Strasbourg (France) depuis le 9 décembre 2004 Bobo Dioulasso (Burkina Faso) depuis 2005 Saint-Étienne (France) depuis 2006 Films Bleu de Fès, un documentaire de 52 minutes écrit et réalisé par Françoise Gallo, France 3, 1993 Personnalités Nabil El Zhar, né le 27 août 1986 à Alès en France, est un footballeur international marocain originaire de Fès Tahar Ben Jelloun, écrivain et poète franco-marocain de langue française, né à Fès le 1er décembre 1944 ; Ahmed Sefrioui, 1er écrivain marocain francophone, né à Fès en 1915 ; Jacques Denis , acteur français, né à Fès le 12 mai 1943 ; Marc Mangin, écrivain et photographe français, né à Fès en 1957 ; Tarik Sektioui, footballeur marocain, né le 13 mai 1977 ; Adel Taarabt, footballeur marocain, né le 24 mai 1989. Isaac ben Jacob Alfassi,était un rabbin médiéval, décisionnaire halakhique, originaire de Fès Siham Benchekroun,est une romancière, nouvelliste et poètesse marocaine Abdelmajid Benjelloun,est un écrivain, poète et historien marocain d'expression française Abdelhadi Boutaleb,est né le 23 décembre 1923 à Fès, il est décédé le 16 décembre 2009 à Rabat Mohamed Chafik, est né le 17 septembre 1926 à Béni Sadden (région de Fès) est un homme de lettres et intellectuel berbère marocain Allal El Fassi,né le 10 janvier 1910 à Fès au Maroc, mort le 19 mai 1974 à Bucarest, en Roumanie Malika Belmehdi El Fassi, née le 19 juin 1919 et morte le 12 mai 2007. C'est la seule femme signataire du Manifeste de l'indépendance du 11 janvier 1944. Abdellah Guennoun,est né en 1908 à Fès, décédé le 9 juillet 1989 à Tanger Abdellatif Laâbi Mohamed Aziz Lahbabi Fatima Mernissi Moulay Ali Skalli Abdelhadi Tazi